Nutri-Score : comment bien l'utiliser pour les courses familiales
Le Nutri-Score aide à trancher entre deux paquets de céréales, deux plats préparés ou plusieurs yaourts. Mais il ne dit pas si un produit est bon marché, adapté à votre famille, ni s'il a sa place dans les repas de la semaine.
Pour des courses réellement utiles, il s'associe donc à d'autres critères : le prix au kilogramme, la liste des ingrédients, les portions nécessaires et les recettes prévues. Voici comment s'en servir sans partir à la chasse systématique aux produits classés A.
Ce que la lettre mesure, et ce qu'elle ignore
Santé publique France a actualisé le 21 septembre 2026 sa brochure grand public. Elle rappelle que le Nutri-Score classe les produits de A, en vert foncé, à E, en orange foncé, selon leur qualité nutritionnelle. Le calcul tient compte des fibres, des protéines, des fruits, des légumes et des légumes secs, de l'apport énergétique, des sucres, des acides gras saturés et du sel.
Le logo est volontaire : un fabricant n'est pas obligé de l'afficher, et son absence ne signale donc pas automatiquement un produit médiocre.
La méthode de calcul a évolué, et le nouvel algorithme s'applique en France depuis mars 2025. C'est souvent ce qui explique qu'un produit change de lettre à recette inchangée : ce n'est pas sa composition qui a bougé, c'est la façon de l'évaluer.
En revanche, le Nutri-Score ne dit rien du prix, des additifs, des résidus de pesticides, du degré de transformation, de l'origine des ingrédients, des conditions de production, ni de la quantité réellement consommée. Un produit A n'est donc pas automatiquement local, biologique, peu transformé ou économique. À l'inverse, un produit classé D peut trouver sa place, occasionnellement et en petite quantité, dans une alimentation équilibrée.
Il sert à comparer, pas à juger
La lettre n'est pas un verdict sur l'aliment. Elle devient utile quand on compare des produits qui remplissent la même fonction.
Entre plusieurs marques du même produit. Des lasagnes à la bolognaise peuvent être classées A, B, C ou D selon leur composition : le logo fait apparaître d'un coup d'œil les écarts entre les références d'un même rayon. Même méthode pour les céréales, les pains de mie, les soupes, les pizzas, les sauces ou les yaourts.
Entre aliments consommés au même moment. Pour un dessert, l'hésitation porte sur un yaourt aux fruits, une crème dessert ou une mousse au chocolat. Pour un goûter, sur des compotes, des biscuits ou des produits céréaliers. C'est plus pertinent que de comparer deux aliments qui n'ont ni le même usage ni la même place dans le repas.
Reste ensuite à regarder le prix au kilogramme et le format. Un produit mieux classé mais vendu en conditionnement trop grand finit à la poubelle ; une référence un peu plus chère peut être le bon choix si sa quantité correspond exactement aux besoins du foyer.
Pourquoi le A est rare dans certains rayons
Un produit classé B ou C n'est pas un mauvais choix : dans plusieurs catégories, le A est rare, voire impossible à obtenir. Les repères donnés par Santé publique France :
- Huiles : B est le meilleur score possible pour certaines huiles, notamment olive, colza et noix.
- Féculents : les versions complètes, riches en fibres, sont souvent classées A ou B.
- Lait : écrémé et demi-écrémé sont classés B, le lait entier C.
- Yaourts et desserts lactés : les yaourts vont de A à C ; le meilleur score d'un dessert lacté est C.
- Poissons : les poissons maigres et certains poissons gras riches en oméga 3 peuvent atteindre A.
- Boissons : l'eau est la seule boisson classée A.
Ne chercher que des produits A reviendrait donc à écarter sans raison des aliments parfaitement à leur place dans une alimentation variée. L'huile, le fromage ou certains poissons apportent des nutriments intéressants, dans des quantités adaptées. La lettre se lit dans le contexte du repas, pas isolément.
Ce que le nouveau calcul change en rayon
La nouvelle méthode sépare mieux des produits voisins. Les aliments riches en fibres sont davantage valorisés : le pain complet est généralement classé A ou B, le pain blanc plutôt C. Les aliments très sucrés ou très salés sont jugés plus sévèrement.
Les boissons contenant des édulcorants sont elles aussi moins bien classées qu'avant : les sodas « light », autrefois susceptibles d'obtenir un B, se situent désormais entre C et E. Le message est simple : l'eau reste la boisson de référence au quotidien.
Six réflexes pour ne pas alourdir le budget
- Planifiez les repas d'abord. Déterminez les repas nécessaires, le nombre de convives et ce qui reste dans les placards. Un produit bien classé mais sans place dans le menu finit jeté, et un aliment jeté reste une dépense.
- Ne comparez que ce dont vous avez besoin. Si le menu prévoit une soupe, comparez les soupes. Inutile de parcourir tout le magasin à la recherche des meilleures lettres.
- Lisez la liste des ingrédients. Le Nutri-Score complète l'étiquette, il ne la remplace pas.
- Vérifiez le prix au kilogramme ou au litre. Un emballage trompeur ou un format inhabituel fausse vite la comparaison, et une promotion n'est pas toujours moins chère qu'une marque de distributeur au prix courant.
- Choisissez le bon conditionnement. Le grand format n'est avantageux que s'il est entièrement consommé. Quand les présences varient dans la semaine, un petit format ou un produit facile à portionner revient souvent moins cher malgré un prix au kilogramme supérieur.
- Regardez l'équilibre de la semaine. Un menu familial n'a pas besoin d'être composé uniquement de A et de B. Un fromage classé D, un dessert gourmand ou une charcuterie occasionnelle y ont leur place si les quantités et la fréquence restent raisonnables.
Avec GustoPlan, le Nutri-Score retrouve sa juste place
Le Nutri-Score aide à choisir entre plusieurs produits. Il ne décide pas des repas, ne calcule pas les quantités et ignore ce qui dort déjà dans vos placards.
GustoPlan intervient en amont : les recettes s'accordent au profil du foyer, au nombre de personnes, aux préférences et aux contraintes alimentaires. Les ingrédients nécessaires sont regroupés dans une liste de courses aux bonnes quantités, ni plus ni moins, triée par rayon.
Vous gardez la main sur le panier : pour chaque référence emballée, vous choisissez la marque, le niveau de qualité, le Nutri-Score et le prix qui vous conviennent. Chaque produit a une destination, les quantités correspondent aux repas, et un même ingrédient peut servir dans plusieurs recettes.
Le Nutri-Score redevient alors ce qu'il doit être : un outil de comparaison pratique, dans une organisation plus large. Vous savez d'abord ce qu'il vous faut, puis vous choisissez en rayon la référence qui offre le meilleur équilibre entre nutrition, qualité, prix et préférences familiales.
